Après Forbach, Creutzwald et Saint-Avold, le CEM57 poursuit son itinérance et s’installe mardi 13 octobre à Hombourg-Haut. Pour sa quatrième édition, les Rencontres de l’achat public et privé veulent une nouvelle fois rapprocher collectivités, grands donneurs d’ordres, industriels, bailleurs, institutions, PME et TPE. Une ambition que Jean-Pierre George, président de la Fédération RE@GIR, résume simplement : permettre à la Moselle Est de mieux connaître ses propres forces pour créer davantage d’activité sur son territoire.
De 500 visiteurs professionnels lors de la première édition organisée à Forbach en 2023 à près de 800 l’année suivante à Creutzwald, puis plus de 1 000 participants à Saint-Avold en 2025, le CEM57 a rapidement trouvé son public. À l’origine de la création de ce salon sur le territoire, Moselle Attractivité et son président Patrick Weiten ont voulu rapprocher les entreprises des collectivités et des grands donneurs d’ordres, en donnant davantage de visibilité aux savoir-faire de Moselle Est. Pour autant, cette progression ne pousse pas ses organisateurs à entrer dans une course aux chiffres. Président de la Fédération RE@GIR, maître d’œuvre de l’événement aux côtés de Moselle Attractivité, Jean-Pierre George préfère mesurer le succès du rendez-vous à la qualité des contacts noués et, surtout, à ce qu’ils deviennent ensuite. « La fréquentation n’est pas une finalité. Si une entreprise repart en ayant rencontré deux ou trois interlocuteurs réellement utiles, la journée est réussie. » Ainsi, 170 rendez-vous d’affaires avaient été organisés lors de l’édition précédente. Derrière le salon se dessine donc une mécanique plus ambitieuse : réunir dans un même lieu des acteurs qui travaillent parfois à quelques kilomètres les uns des autres sans véritablement se connaître, puis leur donner l’occasion de transformer cette proximité géographique en relations économiques. Une dynamique que le président de RE@GIR résume d’une formule : « Le miroir d’un territoire plein d’énergie ! »
Des voisins qui doivent se rencontrer
Car le constat à l’origine du CEM57 reste paradoxal. Dans un même bassin économique, des entreprises, des collectivités et de grands donneurs d’ordres peuvent se côtoyer pendant des années sans jamais avoir l’occasion d’échanger directement. D’un côté, les PME prospectent, cherchent de nouveaux marchés et répondent aux appels d’offres sans nécessairement connaître les projets qui se préparent près de chez elles ; de l’autre, les acheteurs disposent de leurs réseaux et de leurs fournisseurs habituels sans toujours mesurer l’étendue des compétences implantées sur leur propre territoire. Or, pour Jean-Pierre George, la Moselle Est dispose précisément de savoir-faire qui gagneraient à être davantage identifiés, mais aussi davantage assumés par ceux qui les portent. « Notre rôle consiste à les rendre visibles et à provoquer des rencontres qui n’auraient peut-être jamais eu lieu autrement. » Cette mise en lumière doit également contribuer à renforcer l’estime que les entreprises et les structures du territoire portent à leurs propres compétences. Connaître ses capacités, prendre conscience de son potentiel et oser le présenter à des donneurs d’ordres constituent déjà une première étape vers de nouveaux marchés. Dans un département riche de ses entreprises, de ses compétences et de ses savoir-faire, Jean-Pierre George joue ainsi volontiers avec les mots : « Le CEM : le salon où on sème, le salon où on s’aime. » Semer des contacts et des projets, certes, mais aussi redonner confiance à des acteurs économiques qui n’ont pas toujours pleinement conscience de leurs propres atouts. C’est pourquoi le CEM57 ne veut pas se limiter à juxtaposer des stands. Industrie, énergie, BTP, environnement, services ou commerce doivent au contraire se croiser. Des groupes comme EDF, GazelEnergie, la Française de l’Énergie, Orano, NGE ou Sogea Environnement côtoieront ainsi des entreprises de dimensions beaucoup plus modestes, tandis que le ministère des Armées, les bailleurs Moselis, Vivest et CDC Habitat ou encore différents acteurs institutionnels élargiront le cercle des donneurs d’ordres.
Rendre la commande plus accessible
Cependant, rapprocher physiquement les acteurs ne suffit pas si les petites entreprises continuent à considérer certains marchés comme hors de leur portée. La commande publique, en particulier, peut encore impressionner une TPE : procédures dématérialisées, dossiers administratifs, réglementation ou cahiers des charges donnent parfois le sentiment d’un système mieux adapté aux structures disposant de services spécialisés. Le CEM57 veut précisément contribuer à réduire cette distance. Une PME peut posséder un savoir-faire très pointu, se montrer particulièrement réactive et proposer une réponse adaptée. Mais encore faut-il qu’elle connaisse l’existence du marché et puisse présenter ses compétences. Dans cette perspective, la notion de circuit court ne signifie nullement instaurer une préférence locale incompatible avec les règles de la commande publique. « Il ne s’agit évidemment pas de réserver les marchés aux entreprises du territoire. L’objectif est qu’une entreprise locale sache qu’un besoin existe et puisse se positionner », insiste Jean-Pierre George. Dès lors, le premier circuit court est celui de l’information. La proximité peut ensuite devenir un avantage grâce à une meilleure réactivité, des échanges facilités ou des contraintes logistiques réduites. Sans pour autant enfermer l’économie mosellane sur elle-même : « Il serait dommage que deux entreprises capables de travailler ensemble, installées à quelques kilomètres l’une de l’autre, ne se rencontrent jamais. »
Sept territoires, une même économie
Par ailleurs, cette volonté de décloisonnement explique le caractère itinérant du salon. Après Forbach, Creutzwald et Saint-Avold, Hombourg-Haut devient cette année le quatrième point d’ancrage d’un événement qui refuse de s’identifier durablement à une seule ville. Pour cette quatrième édition, le CEM57 bénéficie d’un très bon accueil de la Communauté de communes de Freyming-Merlebach et de son président, Laurent Muller, également maire de Hombourg-Haut. L’itinérance permet ainsi de toucher de nouvelles entreprises, mais elle porte également un message : l’économie ne s’arrête pas aux frontières administratives. Sept intercommunalités de Moselle Est sont désormais associées à la démarche : Forbach Porte de France, Saint-Avold Synergie, Freyming-Merlebach, le Warndt, le District urbain de Faulquemont, la Houve et le Pays Boulageois ainsi que Sarreguemines Confluences. Clients, fournisseurs et salariés circulent quotidiennement entre ces territoires ; il apparaît donc logique que la coopération économique en fasse autant. « Lorsque chacun travaille isolément, nous perdons une partie de ce potentiel », estime Jean-Pierre George. À plus long terme, la proximité de la Sarre et du Luxembourg pourrait naturellement ouvrir d’autres perspectives. Toutefois, la priorité demeure aujourd’hui de consolider un rendez-vous dont l’identité reste profondément ancrée en Moselle Est.
L’énergie et l’emploi en première ligne
Dans le même temps, le contenu de cette quatrième édition reflète les transformations auxquelles les entreprises doivent faire face. L’énergie occupera ainsi une place importante avec une conférence-atelier d’EDF consacrée à l’actualité du marché de l’électricité et aux enjeux de l’électrification. Prix, décarbonation, évolution des usages et investissements liés à la transition énergétique ne concernent désormais plus seulement les grands industriels. Pour la Moselle Est, le sujet possède néanmoins une résonance particulière en raison de son histoire. Plutôt que de considérer ce passé industriel et énergétique comme un héritage encombrant, Jean-Pierre George veut y voir un socle : « Nous disposons d’une culture industrielle et énergétique très forte. Il faut nous appuyer dessus. » Mais obtenir des marchés ne suffit pas encore : il faut également pouvoir les réaliser. C’est pourquoi France Travail sera associé à la journée avec des Rencontres Emploi. Là encore, la philosophie reste identique : rapprocher des besoins et des compétences qui ne se rencontrent pas toujours spontanément. Une entreprise peut disposer d’un carnet de commandes solide et voir son développement freiné faute de salariés. Commande, recrutement et formation apparaissent ainsi comme les différentes faces d’un même enjeu économique.
Une construction collective
De plus, le CEM57 entend favoriser une meilleure compréhension entre des mondes qui n’obéissent pas toujours aux mêmes contraintes. L’impulsion donnée à l’origine par Moselle Attractivité et Patrick Weiten se prolonge aujourd’hui dans une organisation collective : Moselle Attractivité assure la maîtrise d’ouvrage tandis que la Fédération RE@GIR intervient comme maître d’œuvre. Autour d’eux, l’événement repose sur la mobilisation des sept intercommunalités, des entreprises, des réseaux professionnels et des partenaires institutionnels. Or le chef d’entreprise doit prospecter, recruter, investir et maîtriser ses coûts quand l’acheteur public travaille avec des procédures, des budgets et un cadre réglementaire précis. Les réunir permet donc non seulement de parler marchés, mais aussi de mieux comprendre les impératifs de chacun. Cette connaissance mutuelle participe à la confiance que les organisateurs veulent installer dans la durée. Car, au-delà d’une journée de rencontres, l’objectif consiste bien à faire vivre les contacts après le salon. Une carte de visite n’a d’intérêt que si elle conduit ensuite à un rendez-vous, une consultation, un partenariat ou un contrat. « Le CEM57 est un accélérateur : il concentre les rencontres, mais le travail se poursuit ensuite. »
Une journée pour gagner du temps
Enfin, cette concentration des interlocuteurs constitue probablement l’un des principaux arguments adressés aux dirigeants de petites structures. Pour une TPE, passer plusieurs heures hors de l’entreprise représente nécessairement une contrainte. Pourtant, obtenir séparément des rendez-vous avec autant de collectivités, grands donneurs d’ordres, bailleurs, institutions et réseaux demanderait plusieurs semaines de prospection. Le salon doit donc permettre de gagner du temps à condition de préparer sa venue, d’identifier les interlocuteurs recherchés et de savoir présenter rapidement son activité. Pour autant, Jean-Pierre George invite aussi à laisser une place à l’imprévu : une discussion engagée au détour d’un stand peut parfois se révéler plus utile qu’un rendez-vous programmé. C’est également pour cette raison que les organisateurs tiennent à préserver le caractère convivial de l’événement malgré sa croissance. Au fond, la réussite de cette quatrième édition ne se mesurera pas seulement au nombre de personnes présentes lorsque les portes se refermeront. Elle se jugera dans les semaines et les mois suivants, lorsque les contacts se transformeront éventuellement en commandes, partenariats ou recrutements. C’est là que prend tout son sens la formule défendue par le président de RE@GIR : faire travailler davantage le territoire avec lui-même, tout en restant ouvert sur l’extérieur.
En pratique
CEM57 – 4èmes Rencontres de l’achat public & privé, mardi 13 octobre 2026, de 9h à 17h, à l’Espace De Wendel de Hombourg-Haut. Entrée gratuite sur inscription. Conférence-atelier EDF de 9h 30 à 10h30 ; visite inaugurale et prises de parole de 11h à 12h ; cocktail déjeunatoire de 12h à 14h ; rendez-vous d’affaires personnalisés avec les acheteurs publics de 14h à 16h, sur inscription obligatoire ; Rencontres Emploi avec France Travail de 14h30 à 17h ; clôture à 17h






