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Accueil Portrait

Hommage à Philippe Lorin : une vie à dessiner les autres

Aziz MEBARKI Par Aziz MEBARKI
17 décembre 2025
in Portrait
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Portrait de Philippe Lorin, illustrateur français et figure de l’édition contemporaine

Philippe Lorin (1933–2025), peintre, dessinateur et illustrateur, collaborateur du Courrier Messin ©DR

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Illustrateur majeur de l’édition française et notre collaborateur fidèle au Courrier Messin depuis janvier 2022, Philippe Lorin s’est éteint à 92 ans ce mardi 17 décembre 2025. Jusqu’à son dernier numéro, paru début décembre, il continuait d’offrir aux lecteurs ses portraits sensibles et habités. Avec lui disparaît bien plus qu’un dessinateur : un passeur de mémoire, un artisan du regard, un homme pour qui l’image était d’abord une rencontre.

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Il a été l’un des illustrateurs les plus complets et les plus discrets de l’édition française contemporaine. Né en 1933, peintre, dessinateur et illustrateur, il aura consacré toute sa vie à mettre son savoir-faire pictural au service des œuvres et des auteurs, dans un compagnonnage exigeant et profondément humain avec le livre.

Formé à l’architecture et à la décoration intérieure, Philippe Lorin choisit pourtant très tôt la voie de l’illustration. Son parcours, marqué par une grande liberté créative, le conduit à collaborer avec des maisons majeures de l’édition française, telles que Nathan, Denoël ou Albin Michel, ainsi qu’avec des auteurs de premier plan, dont Bernard Clavel. À partir de 1980, et pendant une dizaine d’années, il dirige la production d’une filiale des Éditions Nathan, tout en poursuivant un travail personnel d’illustrateur particulièrement fécond.

Son œuvre s’inscrit également dans une dimension internationale. Après des séjours de travail au Canada et aux États-Unis, il développe, dès les années 2000, une série de carnets de voyage consacrés à la Provence, multipliant expositions et rencontres outre-Atlantique, où il est reconnu comme un spécialiste de ce territoire cher à son cœur.

Très proche de son public, Philippe Lorin n’a jamais cessé de défendre le livre comme un espace de rencontre. Entre 2001 et 2020, il participe à de très nombreux salons du livre, de Nancy à Paris, de Bruxelles à Nice en passant par Brive-la-Gaillarde, avec la même disponibilité et la même passion.

Les historiens de l’édition soulignent, par ailleurs, l’importance de son apport à l’illustration de couverture. Référencé dans le Dictionnaire commenté des illustrateurs de couvertures du Livre de Poche de Jean-Pierre Garcin, Philippe Lorin y est décrit comme l’un des artistes ayant le mieux accompagné l’évolution de cet art, signant 26 couvertures du Livre de Poche et explorant, tout au long de sa carrière, une palette technique remarquablement large.

Le goût du travail à quatre mains

Planche de portraits illustrés par Philippe Lorin, représentant des figures majeures de la littérature et de la culture françaises
Illustrations de Philippe Lorin – galerie de portraits d’écrivains et de figures culturelles. © Illustrations Philippe Lorin / Droits réservés.

La carrière de Philippe Lorin est indissociable de ses collaborations avec les auteurs, qu’il considérait comme une condition essentielle à la réussite d’un livre. Très tôt, il inscrit son travail dans cette logique du dialogue entre texte et image. Dès 1969, il illustre Pour les enfants. 1re partie (Éditions RST), un ouvrage jeunesse signé Georges Brassens et Henri Gougaud. Une première rencontre fondatrice avec l’univers de la chanson, déjà marquée par cette capacité à adapter son trait sans en trahir l’esprit.

Près de quarante ans plus tard, la chanson française revient au cœur de son œuvre. En 2008, il illustre Sur les pas de Jacques Brel (Presses de la Renaissance), écrit par Michel Quint, où son dessin accompagne la trajectoire fulgurante et tourmentée du chanteur qu’il avait bien connu et fréquenté, entre fièvre créatrice et vertige de l’absolu.

L’année 2010 marque une étape importante avec son entrée dans la collection En tête à tête. Il illustre En tête à tête avec Charles de Gaulle (Gründ), écrit par Jean-Louis Debré. Le dessin y soutient un récit personnel et politique, privilégiant les silences, les instants suspendus, plutôt qu’une imagerie héroïque figée.

En 2011, il poursuit ce travail d’incarnation avec Jean Ferrat : aimer à perdre la raison (Éditions du Rocher), coécrit avec Nelson Monfort. Le trait se fait volontairement sobre, presque méditatif, au service d’un artiste engagé et profondément humain.

Deux ans plus tard, en 2012, paraissent En tête à tête avec Victor Hugo, avec Gonzague Saint-Bris, et En tête à tête avec Colette, avec Macha Méril (Gründ). Dans ces ouvrages, Philippe Lorin donne au lecteur l’impression d’entrer dans une intimité : celle des lieux, des regards, des pensées. « Je ne peux pas illustrer un livre si je n’éprouve pas de sympathie pour l’auteur », rappelait-il volontiers, soulignant combien l’illustration relevait pour lui d’un acte profondément complice.

Cette approche se prolonge en 2014 avec Sur les pas de George Sand (Gründ), toujours avec Gonzague Saint-Bris, ouvrage-promenade où le dessin épouse les paysages autant que l’imaginaire littéraire. La même année paraît Brel : l’inaccessible rêve (Hoëbeke), seconde plongée dans l’univers de Jacques Brel, confirmant l’attachement durable de Lorin à cette figure majeure de la chanson.

En 2015, il revient à Georges Brassens avec Chez Brassens : légende d’un poète éternel (Éditions du Rocher), écrit par Jean-Claude Lamy, offrant cette fois un regard patrimonial et apaisé sur le chanteur.

Parmi les collaborations marquantes de Philippe Lorin figure également son travail autour de Louis-Ferdinand Céline, mené avec le journaliste et écrivain Eugène Saccomano. Publié en 2016, Céline : paria et génie aux Éditions de Paris – Max Chaleil, se confronte à l’une des figures les plus complexes et controversées du XXᵉ siècle. Fidèle à sa méthode, Lorin refuse toute caricature et choisit la distance juste : son trait, sobre et tendu, accompagne l’analyse de Saccomano sans jamais la surcharger. Les portraits qu’il propose ne cherchent ni à absoudre ni à condamner, mais à restituer une tension intérieure, un climat, une époque. Ce travail illustre la conception profondément éthique que Philippe Lorin se faisait de l’illustration, pensée comme un dialogue exigeant avec le texte et la littérature, dans toute sa complexité.

Enfin, toujours en 2016, Philippe Lorin se confronte à l’une des grandes figures intellectuelles du XXᵉ siècle avec Malraux en son temps (L’Archipel), écrit par son fils Alain Malraux. À travers une iconographie dense, parfois sombre, toujours habitée, il y traduit graphiquement la complexité d’un homme et d’une époque. Chez Lorin, le portrait n’est jamais isolé : il s’inscrit toujours dans une histoire, un contexte, une mémoire collective.

Le sport, autre terrain d’expression du portraitiste

Si la littérature, la chanson ou l’histoire ont largement nourri son œuvre, le sport a également constitué un terrain d’expression important pour Philippe Lorin. Là encore, il n’y cherchait ni la performance brute ni l’héroïsation facile, mais des trajectoires humaines, des caractères, des engagements. Son trait, attentif aux regards et aux postures, se prêtait naturellement à l’exercice du portrait sportif, qu’il abordait avec la même exigence narrative que pour les écrivains ou les artistes.

Cette approche trouve une illustration emblématique avec Champions en or (2019, L’Archipel), ouvrage écrit par Lionel Chamoulaud et préfacé par Tony Estanguet. Philippe Lorin y compose une galerie de portraits de grands sportifs français, restituant autant l’intensité des parcours que la part d’intime qui se cache derrière les exploits. Le dessin y accompagne le récit sans jamais le figer, privilégiant l’expression et le mouvement suggéré.

Il prolonge ce travail avec Cyclistes de légende (2021, Éditions de Paris – Max Chaleil), signé Pierre Lagrue avec qui il collaborera aussi sur deux autres ouvrages consacrés aux footballeurs et aux rugbymen de légende. Dans ce livre consacré aux figures mythiques du cyclisme international, Lorin capte l’effort, la solitude, parfois la fragilité des champions. Le vélo, sport d’endurance et de paysages, offrait un écho particulier à son goût pour les lignes, les rythmes et les silences.

Philippe Lorin, le portrait comme fil rouge de la presse magazine régionale

Ce mardi matin, avec la disparition de Philippe Lorin, la presse magazine régionale perd à 92 ans, l’une de ses signatures graphiques les plus constantes et les plus discrètes. De celles qui ne cherchent jamais à s’imposer, mais qui, numéro après numéro, finissent par devenir des repères silencieux. En Lorraine puis en Grand Est, son trait a accompagné durablement les récits, au point de contribuer à façonner l’identité éditoriale de plusieurs titres.

À L’Estrade, entre 2011 et 2021, ses portraits s’étaient installés avec une régularité presque naturelle dans les pages du mensuel. On les retrouvait notamment dans les formats longs, là où l’écriture appelle une incarnation, un visage, une présence. Son dessin ne venait pas illustrer au sens décoratif du terme : il installait une atmosphère et préparait le regard du lecteur.

Cette complémentarité était particulièrement sensible dans les textes de Vianney Huguenot, en particulier dans sa rubrique Portraits refaits, construits comme des traversées humaines ou des chroniques incarnées. Lorin y apportait ce qu’il savait faire de mieux : une posture, une expression, parfois un simple regard, capables de donner chair au propos sans jamais le surligner.

Autre registre, autre tonalité : avec le chroniqueur et éditorialiste Marc Houver, Philippe Lorin accompagnait la rubrique historique Moments Clés. Là, son trait se mettait au service de l’Histoire, en proposant des points d’ancrage visuels pour des épisodes marquants du passé. Les portraits permettaient d’entrer dans le récit par la figure avant d’en saisir les enjeux, rendant l’histoire plus proche, presque tangible.

Autour de ces signatures centrales, il illustrait également des articles de Benjamin Bottemer et Olivier Pierson, donnant un visage à des trajectoires (Gainsbourg, Brassens, Piaf…) Progressivement, son travail était devenu un liant graphique, reconnaissable d’un numéro à l’autre, garant d’une cohérence visuelle rarement atteinte dans la presse magazine régionale.

Cette relation au long cours s’est poursuivie avec le magazine grandestien Bonnes Terres à partir de 2017. Dans ce magazine consacré aux enjeux de la ruralité en Grand Est, Lorin mettait son art du portrait au service de figures du territoire : agriculteurs, acteurs locaux, témoins d’un monde en mutation. Depuis 2022, sa collaboration avec Le Courrier Messin, titre à diffusion mosellane, s’inscrivait dans la même continuité d’esprit, en faisant appel à lui pour illustrer des pages où le verbe, l’humain et la mémoire occupent une place centrale.

Jusqu’à son dernier numéro de décembre 2025, Philippe Lorin y a apporté une signature graphique immédiatement reconnaissable. Il illustrait encore pour nos colonnes un portrait d’André Malraux mais aussi celui de Sylvain Kastendeuch, ancien footballeur emblématique du FC Metz. Deux figures, deux univers, un même regard de l’artiste : attentif et juste.

Au fil de ces collaborations, Philippe Lorin s’était imposé comme bien plus qu’un simple illustrateur : un passeur visuel, capable d’unifier des voix journalistiques différentes autour d’un même trait. Perfectionniste ouvert à l’autocritique, il aimait rappeler que « le meilleur livre est toujours celui que je n’ai pas encore fait ».

Notre rédaction présente ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Tags: André MalrauxBonnes TerresCourrier MessinÉdition françaiseGeorges BrassensHommageIllustrateur françaisIllustrationJacques BrelL’EstradeLouis-Ferdinand CélinePhilippe LorinPortrait illustréPresse magazineSport et illustration
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