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Accueil Territoires

« Nous avons un rendez-vous historique que nous ne devons pas manquer »

Aziz MEBARKI Par Aziz MEBARKI
2 juillet 2026
in Territoires
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Patrick Weiten répond aux journalistes lors du déjeuner de presse du Club de la Presse Metz-Lorraine consacré à l’hydrogène blanc, à l’agriculture et à l’avenir de la Moselle.

Patrick Weiten a profité du traditionnel déjeuner de presse du Club de la Presse Metz-Lorraine pour exposer sa vision de la Moselle, entre hydrogène blanc, agriculture, Europe et grands rendez-vous de la rentrée.© A. Mébarki

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À moins d’un an des grandes échéances politiques nationales, Patrick Weiten a profité du désormais traditionnel déjeuner organisé par le Club de la Presse Metz-Lorraine pour livrer bien davantage qu’un tour d’horizon de l’actualité départementale. Pendant plus de deux heures, le Président du Département a dessiné les contours d’une Moselle qu’il imagine à l’aube d’un nouveau cycle de développement, portée par l’hydrogène blanc, renforcée par son agriculture, confortée dans son rôle européen et bientôt placée sous les projecteurs du monde avec la visite du pape Léon XIV.

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L’exercice est désormais installé dans le calendrier médiatique mosellan. Début de l’été, Patrick Weiten retrouve les journalistes autour d’un déjeuner d’échanges où le ton se veut plus détendu que dans les conférences de presse traditionnelles. Cette édition 2026 n’a pourtant rien eu d’un simple rendez-vous de fin de saison. À moins d’un an d’échéances électorales majeures pour le pays, le Président du Département a rapidement quitté les considérations protocolaires pour partager une réflexion beaucoup plus large sur l’avenir de la Moselle et, au-delà, sur celui de la France. Il a d’abord pris de la hauteur en replaçant cette réflexion dans le contexte politique national en observant avec une certaine inquiétude les évolutions du pays. « Nous sommes à moins d’un an d’élections majeures pour notre pays. C’est un modèle de société qui nous attend et, personnellement, intellectuellement, cela me perturbe beaucoup », a-t-il confié. Sans s’aventurer sur le terrain partisan, il a néanmoins plaidé pour une République laissant davantage de responsabilités aux collectivités locales. Les territoires, a-t-il fait valoir, devront être capables d’apporter eux-mêmes des réponses aux mutations économiques, énergétiques et sociales qui s’accélèrent. Cette conviction explique le retour annoncé de Patrick Weiten sur le terrain. Après avoir achevé sa tournée des cinq grands territoires mosellans, le Président reprendra, dès le mois de septembre, ses visites dans l’ensemble des cantons. Une manière, selon lui, de renouer le dialogue avec les nouveaux élus municipaux et communautaires et de mesurer les attentes propres à chaque bassin de vie. « Cette proximité entre le Département et les territoires est absolument essentielle », a-t-il estimé. Car la Moselle ne présente plus un visage unique. Le dynamisme frontalier du sillon lorrain, les difficultés persistantes de la Moselle-Est, les enjeux agricoles du sud ou encore les nouvelles coopérations transfrontalières imposent désormais des réponses différenciées.

Le sous-sol comme promesse

Cette réflexion trouve son illustration la plus spectaculaire dans le dossier de l’hydrogène blanc. Depuis plusieurs mois, Patrick Weiten en parle avec une constance qui traduit moins un effet d’annonce qu’une conviction profondément installée. « J’y crois profondément. Nous devons y croire », a-t-il répété. Pour lui, la découverte de cette ressource naturelle dépasse largement le cadre d’une innovation énergétique. Elle pourrait marquer le début d’un nouveau chapitre industriel pour un département qui, depuis la fermeture des mines et des hauts-fourneaux, cherche un nouveau moteur de développement. Il est revenu sur cette découverte née presque par hasard lors des recherches entreprises pour exploiter le gaz de houille. Au fil des forages, les concentrations d’hydrogène se sont révélées toujours plus importantes. « Plus on descendait, plus les bulles étaient importantes », a-t-il raconté avant de rappeler que les analyses font aujourd’hui apparaître des concentrations dépassant 70 % à plus de 3 600 mètres de profondeur. « C’est chez nous, sous notre charbon. Et cela représente un renouveau auquel nous devons nous préparer. » L’élu ne cache pas suivre personnellement l’évolution des travaux conduits par La Française de l’Énergie. Les échanges avec son président, Julien Moulin, sont réguliers et portent désormais moins sur la découverte elle-même que sur les conditions d’une future exploitation industrielle, envisagée à l’horizon 2028. Les équipes travaillent notamment sur des procédés permettant d’extraire directement l’hydrogène sans avoir à traiter les importantes quantités d’eau remontées lors des forages. Une étape décisive qui pourrait accélérer le passage de l’expérimentation à l’industrie. Pour Patrick Weiten, l’enjeu dépasse cependant la seule production énergétique. Il imagine déjà les effets d’entraînement susceptibles d’accompagner l’arrivée d’une énergie abondante, locale et décarbonée. La sidérurgie, les transports, l’industrie automobile ou encore les mobilités collectives pourraient, selon lui, trouver dans cette ressource un nouvel avantage compétitif. « Naturellement, les industriels vont se rapprocher de la ressource. La Moselle est aujourd’hui la terre de cette ressource », a-t-il avancé, persuadé que cette singularité modifiera progressivement la géographie économique régionale. Les journalistes ont toutefois ramené le débat sur un terrain plus concret. Car si la découverte fascine, elle reste encore difficile à traduire dans le quotidien des Mosellans. À quoi ressemblera cette économie de l’hydrogène ? Les emplois seront-ils réellement au rendez-vous ? Les véhicules fonctionneront-ils un jour grâce à cette énergie ? Verra-t-on s’implanter de nouvelles usines autour des futurs sites d’exploitation ? Autant de questions auxquelles personne ne peut encore apporter de réponse définitive. Patrick Weiten ne s’est pas dérobé. Bien au contraire. « Je partage vos questions », a-t-il reconnu, avant d’observer que l’on avance aujourd’hui sur un terrain sans véritable précédent. « Nous sommes face à une énergie nouvelle pour laquelle il n’existe pratiquement aucune référence dans le monde. » Dès lors, le défi n’est plus seulement scientifique ou industriel, il devient également pédagogique. Convaincu que la réussite du projet passera par l’adhésion des habitants, le Président a jugé indispensable de mieux raconter ce que pourrait devenir cette ressource dans les prochaines années. « Il faudra désormais une communication beaucoup plus précise », a-t-il convenu, invitant les industriels à rendre plus lisibles les applications concrètes de cette révolution énergétique.

L’avenir ne s’écrit pas seulement sous terre

Réduire cette rencontre à la seule question de l’hydrogène serait pourtant passer à côté du message plus global porté par Patrick Weiten. Car si le sous-sol nourrit désormais les espoirs, la surface demeure, elle aussi, un formidable champ de réflexion. À commencer par l’agriculture, dont il a fait l’un des piliers de son projet territorial. Les Terres de Jim, qui investiront Metz du 11 au 13 septembre, constituent à ses yeux bien davantage qu’une grande fête populaire. Elles illustrent la volonté de replacer le monde agricole au cœur du développement mosellan. « Les jeunes agriculteurs se sont mobilisés pour accueillir cet événement national. Nous ne pouvions pas ne pas être à leurs côtés », a-t-il fait valoir. L’élu voit dans ce rendez-vous le prolongement naturel des futures Assises de l’agriculture engagées avec la Chambre d’agriculture. Vingt ans après les dernières, le paysage a profondément changé. Les générations se renouvellent, les modèles économiques évoluent, le changement climatique impose de nouvelles pratiques tandis que les attentes des consommateurs se transforment. « On sait que 30 à 40 % des exploitations vont changer de mains », a-t-il rappelé. Derrière cette statistique se dessine une interrogation beaucoup plus vaste : quelle agriculture la Moselle souhaite-t-elle pour les décennies à venir ? Pour autant, Patrick Weiten n’a pas livré de réponse toute faite. Il a préféré ouvrir des pistes. Diversification des productions, adaptation aux tensions sur la ressource en eau, développement des circuits courts, restauration collective, transmission des exploitations ou encore innovations technologiques : autant de sujets qui nourriront les débats des prochains mois. À l’entendre, l’agriculture n’est plus seulement une activité économique, elle participe pleinement à l’équilibre des territoires ruraux, à leur attractivité et, plus largement, à leur souveraineté alimentaire. Les Terres de Jim devront précisément rendre visible cette diversité auprès du grand public tout en offrant une vitrine nationale à une ruralité souvent caricaturée mais qui continue d’innover.

Septembre sous les regards du monde

Comme un symbole, Patrick Weiten voit se succéder, en l’espace de quelques semaines, deux événements appelés à projeter la Moselle bien au-delà de ses frontières. Après les Terres de Jim, la visite du pape Léon XIV, annoncée le 28 septembre à Metz, donnera au territoire une résonance d’une tout autre ampleur. Le Président du Département mesure déjà la portée d’un tel rendez-vous. « Dès que l’on entre dans l’organisation, on comprend que l’on dépasse très largement le cadre d’une simple visite », a-t-il observé. À ses yeux, la venue du souverain pontife ne saurait être réduite à sa seule dimension religieuse. Elle constitue également un hommage à l’histoire européenne de la Moselle, à son héritage frontalier et à la figure de Robert Schuman. « Nous incarnons l’Europe. Nous incarnons la réconciliation », a-t-il résumé. Sans connaître encore le contenu exact du message pontifical, Patrick Weiten est convaincu que le choix de Metz ne relève pas du hasard. Cette terre de frontières, longtemps meurtrie avant de devenir l’un des laboratoires de la construction européenne, offre un décor particulièrement symbolique à un discours consacré à l’avenir du continent. L’organisation d’un tel événement soulève naturellement de nombreuses interrogations. Les journalistes ont évoqué les conditions d’accueil du public, les modalités d’accréditation ou encore la couverture médiatique d’une visite suivie dans le monde entier. Patrick Weiten a reconnu la complexité de l’exercice tout en soulignant l’extraordinaire opportunité qu’il représente pour la Moselle. À ses yeux, aucune campagne de communication n’aurait pu offrir un tel rayonnement à un territoire appelé, durant quelques heures, à devenir le centre de l’attention internationale.

Une réflexion qui dépasse les frontières administratives

La conversation a finalement glissé vers un sujet plus politique, révélateur des interrogations qui traversent aujourd’hui l’Est de la France. Interrogé sur les déclarations récentes de Laurent Jacobelli (président du groupe RN de la Région Grand-Est, Député de la Moselle et porte-parole du RN) favorable à une résurrection de la Lorraine, Patrick Weiten a choisi de distinguer clairement sa propre démarche de celle du parlementaire. Sans masquer son intérêt pour l’évolution institutionnelle de la région, le Président du Département a refusé toute instrumentalisation du débat. « Je n’aime pas les opportunistes », a-t-il d’abord lancé, avant de préciser sa pensée : « Pour moi, ce n’est pas une démarche politique ; c’est un affichage politicien. » En effet, depuis plusieurs mois, Patrick Weiten défend une position constante : si l’Alsace venait à obtenir un statut particulier, la Lorraine ne pourrait rester spectatrice. À ses yeux, il ne s’agit ni de nostalgie ni de revendication identitaire, mais d’une réflexion pragmatique sur l’organisation des territoires. L’élu estime qu’une éventuelle évolution alsacienne ouvrirait mécaniquement un débat pour les quatre départements lorrains. « Le Conseil départemental de la Moselle sera souverain », a-t-il assuré, rappelant que toute décision devrait être précédée d’une concertation avec les collectivités concernées. Fidèle à une position qu’il défend depuis plusieurs années, il a également renouvelé ses critiques à l’égard de la réforme territoriale de 2015, qu’il continue de considérer comme une erreur d’appréciation. Selon lui, les grandes identités régionales demeurent des leviers de développement autant que des héritages historiques.

Au fil des échanges, un constat s’est imposé : qu’il évoque l’hydrogène, l’agriculture, les relations transfrontalières ou l’avenir institutionnel de la Lorraine, Patrick Weiten ramène invariablement la discussion à une même question : comment préparer la Moselle aux bouleversements qui s’annoncent ? Cette réflexion irrigue également son regard sur les relations avec le Luxembourg, la Sarre ou la Belgique. L’élu ne raisonne plus à l’échelle des seules limites administratives. Il observe un territoire inséré dans un espace européen où les mobilités, les échanges économiques, les coopérations universitaires et les défis énergétiques dépassent largement les frontières nationales. Dans cette géographie renouvelée, la Moselle entend, selon lui, jouer pleinement sa carte. Cette volonté d’anticipation explique aussi l’insistance avec laquelle le président revient sur la nécessité d’accompagner les changements plutôt que de les subir. Les discussions autour de l’hydrogène l’ont d’ailleurs illustré. Face aux interrogations exprimées par les journalistes, Patrick Weiten n’a jamais prétendu détenir toutes les réponses. Il a au contraire reconnu que beaucoup restait à construire, qu’il s’agisse des usages industriels, des retombées économiques ou même de la manière d’expliquer cette révolution énergétique aux habitants. Cette forme de prudence contraste avec l’optimisme qu’il affiche sur le potentiel du territoire. Elle traduit une conviction simple : l’avenir ne se décrète pas, il se prépare.

Au terme de cette rencontre, une idée domine finalement toutes les autres. Derrière la diversité des dossiers abordés, Patrick Weiten n’a cessé de raconter la même histoire : celle d’un département qui refuse de considérer son passé industriel comme un point final. Longtemps façonnée par le charbon, l’acier et les frontières, la Moselle cherche aujourd’hui un nouveau récit. L’hydrogène blanc en constitue sans doute le chapitre le plus spectaculaire, mais il n’est pas le seul. L’agriculture se réinvente, les coopérations européennes s’intensifient, la venue du pape Léon XIV replacera Metz sous les regards du monde et les débats institutionnels interrogent déjà la place de la Lorraine dans l’organisation territoriale de demain. Autant de signes qui témoignent d’un territoire en mouvement. Néanmoins, il est encore trop tôt pour dire si toutes ces promesses se concrétiseront. Les procédures administratives, les choix industriels, les équilibres géopolitiques ou les décisions nationales pèseront lourdement sur leur aboutissement. Une certitude demeure néanmoins : rarement Patrick Weiten aura autant parlé de prospective que de gestion quotidienne. Plus qu’un bilan de mi-mandat ou un inventaire de projets, ce déjeuner de presse aura dessiné une ambition. Celle d’une Moselle qui, après avoir longtemps vécu au rythme de son histoire, entend désormais écrire la suivante.

Tags: À moins d’un an des échéances nationalesAgricultureEurope et avenir institutionnel dessinentPatrick Weiten livre sa vision de la Moselle : hydrogène blancselon luiun nouveau cycle de développement.visite du pape Léon XIV
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