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Accueil Territoires

Finances de l’Euro-Métropole de Metz : l’heure du bilan

Elias Mari Par Elias Mari
1 février 2026
in Territoires
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Illustration de la gestion financière et budgétaire de Metz Métropole

© LCM

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À l’approche des élections municipales de mars 2026, le bilan financier de l’Euro-Métropole de Metz constitue un élément central pour apprécier l’action publique intercommunale. Dans son rapport d’observations définitives portant sur les exercices 2019 et suivants, la Chambre régionale des comptes Grand Est, dans un rapport définitif publié en octobre dernier, qualifie explicitement la situation financière de la métropole de « favorable ». Excédents en progression, endettement limité, capacité d’épargne réelle : cette photographie budgétaire a mis en lumière une collectivité disposant de marges de manœuvre pour aborder la fin du mandat et préparer le suivant.

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Une trajectoire financière favorable depuis 2019

D’abord, la Chambre régionale des comptes souligne la continuité et la solidité de la trajectoire budgétaire suivie par Metz Métropole depuis 2019. Sur la période 2019-2023, les produits de gestion ont progressé de 18%, tandis que les charges n’augmentaient que de 13%. Cette dynamique a permis de dégager un excédent brut de fonctionnement cumulé de plus de 150 millions d’euros, un niveau qualifié par la Chambre de significatif pour une métropole de cette strate. Le rapport relève ainsi « une progression continue de l’excédent brut de fonctionnement, soutenue par une augmentation régulière des recettes, principalement d’origine fiscale ». Ensuite, cette évolution positive intervient dans un contexte loin d’être favorable aux finances locales. Inflation élevée, élargissement du périmètre intercommunal, intégration de nouvelles communes et transferts de compétences, notamment en matière sociale et de voirie, auraient pu fragiliser les équilibres. Or, la Chambre observe que la hausse des charges est restée maîtrisée « malgré l’inflation et l’élargissement des compétences », traduisant une capacité de pilotage budgétaire sur la durée. En 2024, si la tendance s’inverse temporairement avec des charges progressant plus vite que les produits, l’excédent demeure élevé, à près de 39 millions d’euros, confirmant la solidité du socle financier.

Un endettement faible et une capacité d’épargne solide

Ensuite, le rapport insiste sur la situation particulièrement favorable de la métropole en matière d’endettement. l’Euro-Métropole se caractérise par « un faible endettement et une capacité de désendettement rapide », dans un contexte où de nombreuses collectivités ont accru leur recours à l’emprunt. Cette situation est directement liée à une stratégie budgétaire privilégiant l’autofinancement et un recours mesuré à l’endettement, notamment pour les investissements. Par ailleurs, la Chambre relève que la capacité d’épargne nette de la métropole est « légèrement supérieure à la moyenne » des métropoles comparables. Cette épargne est alimentée par la progression de l’excédent brut de fonctionnement et par des investissements restés modérés sur la période. Elle constitue aujourd’hui un véritable levier stratégique, permettant de financer les projets sans dégrader la trajectoire financière. Le rapport souligne ainsi que les investissements réalisés ont été « en grande partie autofinancés », contribuant à la réduction de l’encours de dette tout en maintenant un niveau de trésorerie jugé satisfaisant.

Une fiscalité globalement modérée et stable

Par ailleurs, la Chambre régionale des comptes met en évidence une pression fiscale globalement contenue sur le territoire métropolitain. Les taux de fiscalité directe locale ont peu évolué entre 2019 et 2023, la progression des recettes étant principalement liée à la revalorisation des bases et à l’augmentation des fractions de TVA perçues en compensation des réformes nationales. Rapportée à l’habitant, la fiscalité supportée par les ménages et les entreprises demeure inférieure à celle constatée dans les métropoles comparables, à l’exception notable de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. En effet, la Chambre observe que la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères a généré, sur l’ensemble de la période, des recettes supérieures aux dépenses effectives du service. Elle indique ainsi que « son montant a systématiquement excédé les dépenses effectives du service », estimant qu’en 2023 cette taxe « aurait dû être réduite de 15 € par habitant». Cette observation conduit à une recommandation d’ajustement, formulée non comme une critique de la gestion globale, mais comme une invitation à mieux calibrer la fiscalité à la réalité des coûts.

Une maîtrise des charges dans la durée

En outre, la Chambre souligne la maîtrise globale des charges de gestion sur la période contrôlée. Corrigées de l’inflation, celles-ci apparaissent « relativement stables » entre 2019 et 2023, ce qui constitue un indicateur notable compte tenu de l’extension des compétences métropolitaines. Les charges de personnel, qui représentent près de la moitié des dépenses de gestion, ont progressé de 11% sur la période, principalement sous l’effet de l’augmentation des effectifs de la filière administrative et des revalorisations nationales. De même, le rapport note que le ratio d’agents par habitant est comparable à celui des métropoles de taille équivalente. Si la Chambre identifie certaines pratiques perfectibles, notamment en matière d’heures supplémentaires ou de compléments de rémunération, elle les présente comme des axes d’amélioration et non comme des déséquilibres structurels. L’évolution des charges reste ainsi globalement contenue.

Un endettement inférieur à celui des métropoles comparables

S’agissant de l’endettement, la Chambre régionale des comptes replace explicitement la situation de Metz Métropole dans une comparaison avec un échantillon de métropoles de moins de 350 000 habitants, parmi lesquelles figurent notamment Dijon, Nancy, Orléans, Tours ou Clermont-Ferrand. Dans ce cadre, elle souligne que la métropole messine « se distingue par un faible endettement et une capacité de désendettement rapide », tout en disposant « d’un niveau de trésorerie comparable à ses homologues ». Cette position favorable s’explique par un recours limité à l’emprunt sur la période contrôlée, combiné à une capacité d’épargne jugée légèrement supérieure à la moyenne de l’échantillon. À la différence de plusieurs métropoles comparables, où l’endettement a progressé, Metz Métropole a ainsi réduit son encours de dette, grâce à des investissements modérés et majoritairement autofinancés. Pour la Chambre, cette trajectoire conforte la soutenabilité financière de la collectivité et renforce ses marges de manœuvre pour financer les projets à venir sans dégrader ses équilibres budgétaires.

Des marges de manœuvre pour les investissements à venir

Enfin, la Chambre régionale des comptes estime que la situation financière de Metz Métropole « devrait permettre de réaliser les futurs investissements » programmés à l’horizon 2026. Le rapport évoque un plan d’investissement supérieur à 300 millions d’euros, rendu possible par la solidité des excédents, le niveau d’épargne et la faiblesse de l’endettement. Cette capacité d’investissement est d’autant plus notable que la métropole a, jusqu’ici, fait le choix d’une montée en charge progressive de ses projets.

Pour lire le rapport de la Chambre régionale des Comptes : https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-07/GER202543.pdf

Tags: budget localChambre régionale des comptesCollectivités territorialesfinances publiquesFiscalité localeinvestissement publicMetz MétropoleMoselle
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