ÉDITO
Seize mois de campagne électorale s’ouvrent, avec les municipales de mars 2026 puis la présidentielle d’avril et mai 2027. Pourraient s’ajouter des législatives anticipées, en même temps que les municipales, une menace qui ressemble pour l’heure à un coup de bluff de l’exécutif. La logique nous conduit donc vers deux élections, municipales et présidentielle, qui sur plusieurs aspects se ressemblent.
Dans ces scrutins, le bilan des sortants fait rarement le résultat. Même les programmes des postulants ne sont pas déterminants. C’est davantage un élan qui compte, et ce sont des personnalités, des tempéraments, des caractères que l’on choisit. On opte pour celui ou celle qui saura le mieux porter et exporter l’image d’un pays ou d’une commune, ces deux territoires auxquels les Français sont les plus attachés.
Parmi les éléments qui pèsent, les candidats oublient souvent de projeter une vision à long terme, celle du capitaine qui cherche les horizons. Les scènes de ménage et défilés de petites vacheries entre amis font partie du folklore électoral, et l’on s’ennuierait sans cela. Mais à l’instant où les politiques décident de sortir de ces polémiques futiles, ces élections, notamment municipales, forment un espace de débats passionnants : sur l’évolution d’une cité, sa configuration dans dix ou trente ans, son urbanisme, ses paysages, ses connexions intérieures et extérieures, son mode de cohabitation de l’intime et de l’étranger, son histoire, sa culture, sa capacité à attirer les investissements, les regards, les espoirs. Ces élections sont une affaire philosophique, n’en faisons pas que des marchés de tapis.
« Proche des citoyens ! », voilà le slogan le plus répandu en ce moment. Bien ! La République a besoin d’élus qui parlent à leurs concitoyens, qui les écoutent, les consultent, les regardent les yeux dans les yeux. Qu’ils veillent toutefois à ne pas s’attarder trop sur le bout de leurs godasses et ne parler que du quotidien et du terrain, des mots parfois devenus obsessions.
Il existe une volonté des Français de participer à quelque chose de plus grand, de plus fondamental, de se joindre à une communauté de destin et de partager des rêves. L’enjeu, comme souvent, c’est une recherche d’équilibre, en l’occurrence entre les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. C’est finalement ce que dit Jean Jaurès : « comprendre le réel et aller à l’idéal ». Reste à savoir quel idéal nous partageons, et à chercher notre PPCM, Plus petit commun multiple. Des élections philosophiques et mathématiques…







