Pour la première fois en France, un prêt spécifiquement dédié aux PME du secteur de la défense est mis en place. Porté par la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne et la Banque européenne d’investissement, ce dispositif vise à soutenir l’innovation, renforcer la souveraineté industrielle et accompagner les entreprises stratégiques des territoires.
Un prêt PME défense inédit signé hier
La Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne (BPALC) et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont concrétisé, hier, une première nationale en déployant un prêt spécifiquement dédié aux PME du secteur de la défense. Cette initiative s’inscrit dans un cadre européen marqué par une mobilisation financière d’ampleur. Ainsi, la BEI a engagé une enveloppe globale de 3 milliards d’euros en faveur des entreprises actives dans la sécurité et la défense, dont une première tranche de 300 millions d’euros a été confiée au groupe BPCE. Dans ce contexte, la BPALC intervient comme établissement bancaire régional opérateur du dispositif. Cédric Glorieux, directeur Produits et Solutions Banque Populaire et Caisse d’Épargne au sein du groupe BPCE, a souligné l’importance de cet accord en indiquant : « Nous sommes très heureux […] d’être le premier groupe bancaire en France à signer cet accord stratégique avec la BEI. » Dans le même temps, il a insisté sur la portée du dispositif en précisant que « grâce à cette enveloppe […] le Groupe BPCE jouera un rôle clé dans le renforcement de la compétitivité et de l’innovation ».
Soutenir les PME au cœur de la souveraineté industrielle
Dans un contexte international marqué par le retour des enjeux de souveraineté, ce prêt PME défense répond à un besoin identifié : améliorer l’accès au financement des entreprises de la base industrielle et technologique de défense. Ces PME, souvent positionnées sur des technologies de pointe, rencontrent encore des freins dans leur développement. Dès lors, l’intervention conjointe de la BPALC et de la BEI vise à lever ces obstacles et à sécuriser leur trajectoire de croissance. Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque européenne d’investissement chargé des opérations en France, a rappelé l’enjeu stratégique en affirmant : « Pour assurer la sécurité de notre continent, il nous faut appuyer tout l’écosystème […] de la défense. » Dans cette perspective, le financement apparaît comme un levier central pour consolider les capacités industrielles européennes.
Un levier de développement pour les territoires
Au-delà de la dimension nationale, ce prêt PME défense s’inscrit également dans une logique territoriale forte. Les entreprises concernées sont souvent implantées au cœur des régions, où elles participent directement à la dynamique économique locale. C’est notamment le cas de CIMULEC Groupe, dont le site d’Ennery, en Moselle, bénéficie directement de ce financement afin de soutenir ses investissements et renforcer ses capacités industrielles dans le secteur de la défense. Dans ce cadre, la Banque Populaire met en avant son rôle de proximité. Anthony Clément, responsable du marché Défense au sein de la Banque Populaire, a expliqué ainsi qu’« identifier et recenser l’ensemble des acteurs du secteur […] est essentiel », soulignant la nécessité d’un accompagnement ciblé et adapté aux spécificités de ces entreprises. Cette logique d’ancrage territorial renforce l’efficacité du dispositif, en connectant les besoins industriels aux capacités de financement.
Une dynamique appelée à se renforcer
Ce premier prêt dédié aux PME de la défense ouvre la voie à de nouveaux outils financiers. D’autres dispositifs pourraient ainsi être déployés afin de répondre aux besoins croissants du secteur. Robert de Groot, vice-président de la Banque européenne d’investissement en charge de la sécurité et de la défense, a insisté sur cette perspective en affirmant que « faciliter l’accès au financement constitue une étape essentielle pour libérer tout le potentiel de ces entreprises ». Dans un contexte où les enjeux de sécurité et d’autonomie stratégique s’intensifient, ce prêt PME défense apparaît comme un signal fort. Il marque une évolution du rôle des acteurs bancaires, désormais pleinement engagés dans le financement des secteurs sensibles et stratégiques.
La BEI, moteur des investissements européens
La Banque européenne d’investissement (BEI) constitue l’outil financier de long terme de l’Union européenne, détenu par ses États membres. Elle intervient en appui des politiques européennes en orientant ses financements autour de grandes priorités stratégiques, destinées à accompagner les transitions économiques, environnementales et industrielles du continent. En 2025, le Groupe BEI — qui inclut également le Fonds européen d’investissement (FEI) — a engagé près de 100 milliards d’euros de nouveaux financements, contribuant ainsi au renforcement de la compétitivité et de la sécurité en Europe. En France, son activité s’est traduite par plus d’une centaine d’opérations, pour un volume global de 13 milliards d’euros. Par ailleurs, une part majoritaire de ses interventions demeure consacrée aux enjeux climatiques : environ 60 % de ses financements annuels, et même 61 % en France, soutiennent des projets liés à la lutte contre le changement climatique ou à l’adaptation à ses effets.
CIMULEC Groupe, un acteur industriel de référence dans les circuits imprimés
Spécialisé dans la fabrication de circuits imprimés à forte valeur ajoutée, CIMULEC Groupe intervient en sous-traitance de type built-to-print pour des applications exigeantes dans les domaines militaire, aéronautique et spatial. Son activité couvre l’ensemble du cycle de production, du prototype jusqu’aux séries industrielles. Fort de près de cinquante années d’expérience, le groupe s’appuie sur un haut niveau d’exigence en matière de qualité, de technicité et de fiabilité. Cette expertise lui a permis de s’imposer auprès des principaux donneurs d’ordre, tant en France qu’à l’échelle européenne. Entreprise familiale, CIMULEC Groupe structure son organisation autour de trois filiales industrielles complémentaires, chacune dotée d’un positionnement spécifique. Le site d’Ennery, en Moselle, concentre plus de cent collaborateurs et se consacre majoritairement aux activités liées à la défense. À Toulouse, CSI Sud-Ouest mobilise une soixantaine de salariés sur des projets de prototypage et de petites séries, avec des délais courts. Enfin, SYSTRONIC, implantée aux Ulis, intervient également avec une soixantaine de collaborateurs, principalement sur des applications spatiales — notamment pour l’Agence spatiale européenne (ESA) — ainsi que dans le secteur de la défense. À travers cette organisation, le groupe déploie un éventail technologique étendu : circuits multicouches séquentiels, solutions flex-rigides, interconnexions haute densité (HDI), technologies hyperfréquences et micro-ondes, ou encore intégration de composants enterrés. Ces savoir-faire répondent aux exigences d’applications critiques, soumises à des environnements contraints. Aujourd’hui classé parmi les vingt principaux fabricants européens du secteur, CIMULEC Groupe poursuit sa trajectoire de développement, en renforçant à la fois ses capacités technologiques et ses perspectives de croissance à moyen terme.






