Entre intelligence artificielle, cybersécurité, paiements dématérialisés et visibilité en ligne, le numérique s’impose désormais dans le quotidien des entreprises artisanales. Pourtant, beaucoup d’artisans hésitent encore à franchir le pas, faute de temps, de repères ou d’accompagnement adapté. À travers sa Semaine du numérique organisée du 1er au 5 juin, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Moselle entend précisément lever ces freins et montrer qu’un usage concret du digital peut devenir un véritable levier de développement.
Dans les ateliers, les boutiques ou les petites entreprises artisanales, la transition numérique avance rarement à marche forcée. Elle progresse plutôt par nécessité, parfois dans l’urgence, souvent avec prudence. Un site internet à créer, des réseaux sociaux à alimenter, une facture électronique à préparer ou encore des données à protéger : derrière ces outils se cache désormais une transformation profonde des habitudes professionnelles. À la CMA 57, cette réalité s’observe chaque jour. En 2025, soixante diagnostics consacrés à la transformation numérique ont ainsi été réalisés, auxquels s’ajoutent quatre-vingt-deux autodiagnostics menés par des entreprises artisanales. Des chiffres qui traduisent une montée progressive des besoins mais aussi une prise de conscience plus large du secteur.
Une semaine pour démystifier le digital
C’est dans cette logique que la CMA 57 déploiera, du 1er au 5 juin, une nouvelle édition de sa Semaine du numérique. L’ambition affichée est claire : rendre les usages numériques accessibles, compréhensibles et immédiatement utiles aux artisans comme aux porteurs de projets. Durant cinq jours, webinaires et podcasts aborderont des sujets très concrets. L’intelligence artificielle figurera naturellement parmi les thèmes centraux, notamment à travers les possibilités qu’elle offre pour développer une activité ou améliorer sa communication. D’autres rendez-vous seront consacrés aux nouveaux moyens d’encaissement, au choix d’un prestataire informatique, à la cybersécurité ou encore à la généralisation progressive de la facturation électronique. La CMA insiste d’ailleurs sur un point : ces contenus ont été pensés pour rester accessibles aux débutants. L’objectif n’est pas de transformer les artisans en experts du numérique, mais plutôt de leur donner des outils immédiatement mobilisables dans leur activité quotidienne.
Des menaces nouvelles, des usages nouveaux
Car le numérique n’apporte pas seulement de nouvelles opportunités commerciales. Il impose également de nouveaux réflexes de vigilance. Phishing, usurpation d’identité, piratage de données ou encore deepfakes alimentés par l’intelligence artificielle figurent désormais parmi les préoccupations montantes des petites entreprises. Pour cette raison, la CMA 57 diffusera également, tout au long de la semaine, une série de publications pédagogiques sur ses réseaux sociaux. Les artisans y trouveront des conseils pratiques pour sécuriser leurs données, renforcer leur visibilité en ligne ou mieux comprendre les usages émergents de l’IA. Derrière cette approche, la volonté est surtout de désamorcer une forme de découragement technologique qui touche encore de nombreux indépendants. Beaucoup redoutent des outils jugés trop complexes, coûteux ou chronophages. Or, la CMA 57 défend au contraire une logique d’accompagnement progressif et personnalisé.
Un accompagnement au-delà des écrans
Au cœur de ce dispositif figure Robert Houngbo, conseiller numérique de la CMA 57. Son rôle ne se limite pas à expliquer des logiciels ou des plateformes. Il accompagne les entreprises dans leurs choix, leurs investissements et leurs priorités numériques. Diagnostics individualisés, formations à la création de sites internet, initiation à l’intelligence artificielle, remise à niveau informatique ou conseils pour sélectionner un prestataire : l’offre développée par la CMA couvre désormais un spectre particulièrement large. À travers cette semaine dédiée au numérique, l’institution cherche finalement à faire évoluer le regard porté sur ces outils. Non plus comme une contrainte technique réservée aux grandes entreprises, mais comme un moyen concret de gagner en visibilité, de sécuriser son activité et parfois même de conquérir de nouveaux marchés.
Du 1er au 5 juin : Semaine du numérique – 100 % utile, 100 % accessibleWebinaires gratuits + événements + conseils personnalisésInfos et inscription sur cma-moselle.fr Et pour un accompagnement individuel, contactez Robert Houngbo, conseiller numérique au 03 87 39 31 10 / rhoungbo@cma-moselle.frEn collaboration avec la BPALC.
Trois questions à Robert Houngbo, conseiller numérique à la CMA 57

Quels sont aujourd’hui les principaux freins rencontrés par les artisans face au numérique ?
Sur la base des réponses fréquentes lors des diagnostics numériques, les artisans de Moselle expriment surtout trois types de freins. D’abord un manque de temps : les journées sont déjà très chargées et le numérique apparaît comme une tâche supplémentaire, souvent repoussée. Il y a aussi un manque de repères. Beaucoup ne savent pas par où commencer entre le site web, les réseaux sociaux, la facturation ou encore la cybersécurité. L’offre est vaste et parfois anxiogène. Enfin, il existe un coût perçu et une peur de se tromper. Les artisans craignent d’investir dans des outils inadaptés ou trop complexes. En réalité, les besoins sont souvent simples : être trouvé localement, mieux communiquer, sécuriser ses données et gagner du temps dans l’administratif.
L’intelligence artificielle peut-elle réellement devenir un outil utile pour les très petites entreprises artisanales ?
Oui, à condition qu’elle soit utilisée de manière pratique et ciblée. L’intelligence artificielle peut permettre un gain de temps dans la rédaction de devis, les réponses aux clients, la création de contenus ou l’organisation du planning. Elle peut aussi améliorer la visibilité grâce à des textes, des photos ou des publications adaptées aux attentes locales. Enfin, elle constitue un soutien administratif intéressant en simplifiant les tâches répétitives, la préparation de documents ou le tri d’informations. Pour les artisans, l’IA n’est pas un remplacement du savoir-faire : c’est un assistant accessible qui permet de se concentrer sur le cœur du métier.
Voyez-vous émerger de nouveaux risques numériques spécifiques aux artisans ces dernières années ?
Oui, plusieurs risques se renforcent. Nous observons notamment du phishing ciblé : les artisans reçoivent de plus en plus de faux mails liés à la facturation, aux livraisons ou aux administrations. Les usurpations d’identité se multiplient également avec de faux profils Facebook ou Google, de faux sites ou encore le détournement de photos d’atelier. Il existe aussi un risque de perte de visibilité après le piratage de pages Facebook ou la disparition de comptes, avec un impact direct sur l’activité. Enfin, beaucoup de TPE restent dépendantes d’outils non maîtrisés : utilisation d’applications sans sauvegarde, absence de mots de passe robustes ou manque de mises à jour. Ces risques touchent particulièrement les entreprises artisanales car elles disposent rarement de ressources dédiées à la cybersécurité.






