ÉDITO
Ce n’est pas le résumé de la campagne des municipales qui s’achève. Une planète, sept mondes sauvages est le titre d’un reportage diffusé dimanche 15 mars à 20 heures. Ce programme est un des échappatoires pour les réfractaires aux soirées électorales télévisées. Elles s’avèrent pourtant parfois passionnantes… après avoir franchi, il est vrai, la drolatique séquence d’auto-congratulations des candidats, où même ceux qui se prennent une veste viennent roucouler qu’ils sont les plus balèzes.
Il reste quelques jours aux candidats aux élections municipales pour convaincre. Les mieux inspirés profiteront de ces ultimes moments de campagne pour serrer des pognes et rencontrer leurs concitoyens. Bien inspirés aussi, d’autres lâcheront prise, iront à la pêche (ça y est, ça ouvre), cuisineront des salades de grenailles à la coriandre (plat paraît-il typique de mars) ou reliront Verlaine (il y a du neuf à la Pléiade pour cet auteur messin). Vous croiserez tout de même les gugusses attachés à la tradition des fins de campagne agressives, à coup de boules puantes, fakes news, faux sondages, rumeurs et polémiques.
Nous assisterons ensuite au défilé des élucubrations, des plans sur la comète, des mamamouchis du tableur Excel nous expliquant, à partir des compteurs de ces municipales, comment se dérouleront les prochaines législatives et présidentielle. Exercice ultra périlleux, pour plusieurs raisons dont la grande inconnue des scores du Rassemblement national. Le parti d’extrême droite a le vent en poupe mais va-t-il confirmer son ancrage local à travers ces élections municipales ? On verra alors si perdure l’idée de la commune échelon à part, dotée d’une identité collective propre, avec un maire au relationnel particulier, et un espace électoral qui rejette majoritairement le réflexe partisan.
Nous relirons aussi l’histoire, celle des municipales de mars 1977, où la gauche unie cartonne et Le Monde titre sur « un raz de marée » ; des bastions de droite tombent, dont en région Lorraine Verdun, Épinal, Thionville ou Lunéville, où le ministre de l’Éducation nationale René Haby est « sévèrement battu » par un directeur d’école. Tous les commentateurs s’attendent alors à une claque en mars 1978 pour Giscard d’Estaing. Il n’en sera rien, la droite finira même la course avec une courte avance.
En vieux sage ou en jeune révolté, l’électeur aime surprendre le microcosme politico-médiatique. Il le surprend d’autant mieux que se mêlent désormais à cette histoire de jeunes sages et vieux révoltés.






